Compte-rendu du Conseil Municipal du 3 octobre 2011.
Le Conseil a commencé dans une ambiance plutôt électrique. La première page et l’article du Midi Libre « A Montpellier, le pouvoir échappe à H. Mandroux » était la raison de sa colère
de Mandroux. Pendant plus d’une demi-heure, Mandroux, puis ses adjoints, ont cherché à valoriser leur bilan. Pour Mandroux, si elle part à l’étranger c’est pour « promouvoir la ville à
l’international », le « bateau n’est pas ivre » la preuve la ville construit le nouveau quartier de la Restanque qui doit accueillir de 8 à 10 000 personnes.
Fleurence, Passet, Dufour, Danan, Levita nous expliqueront qu’il y a une volonté de déstabiliser l’équipe municipale, d’attaquer une institution…. Je dois avouer avoir trouvé un côté pitoyable à
la défense collective de la forteresse assiégée. Cette équipe municipale est minée par les ambitions personnelles, Saurel et Vignal sont déjà candidats pour 2014 depuis plus d’un an ! Se
rajoute maintenant Mourre (président de l’Agglo) plus toute une série de prétendants. Mandroux n’a jamais réussi à s’imposer ni par un projet nouveau, ni par ses qualités personnelles. Il est
évident que plus nous approchons de la date de la nouvelle élection municipale, plus les tensions vont monter entre les prétendants et leurs réseaux.
Commissions
La majorité a décidé de modifier les commissions. Auparavant, il y en avait une quinzaine, elle a maintenant décidé de n’en garder que deux avec, comme nouveauté, une place pour
l’opposition !! Elles sont composées de 10 membres dont 8 de la majorité, 1 pour l’UMP, 1 pour le groupe Verts NPA Fase. Ces commissions sont consultatives. L’intérêt pour nous est de
pouvoir connaître et étudier les dossiers bien avant les conseils municipaux.
Une commission est chargée des Affaires administratives (marchés publics,finances, personnel….), je vais être membre de cette commission
L’autre commission est chargée des Politiques Publiques (urbanisme, sport…), J. L. Roumegas en sera membre.
Je me suis abstenu sur la mise en place réduite des commissions. Dans l’ancienne formule, il n’y avait pas d’ouverture à l’opposition, dans celle ci en passant à deux commissions il y a un côté
formalité administrative.
La délibération 5 traitait d’une Maison Médicale rue des Tourterelles. Cette Maison était déjà venue en discussion lors d’un conseil municipal précédent. L’objet de la délibération concernait la
gratuité des locaux d’une valeur locative de 16 500 euros. Je suis intervenu pour indiquer que bien évidemment il y avait besoin d’une médecine de proximité et d’un service
public de santé. Cette Maison, ouverte le soir et les week-end, va fonctionner avec du personnel libéral de santé payé à l’acte. Le besoin est réel, organisons plutôt un centre médical comme
véritable service public de proximité. Pourquoi, alors que nous aurons un fonctionnement de type privé accorder la gratuité du loyer ?
Touchon (PS) ou Domergue (UMP) auront le mérite de la clarté en valorisant les partenariats public – privé.
J’ai voté, seul, contre cette délibération
La délibération 19 modifiait le constructeur d’un parking de 800 places à Port Marianne. Prévu dans un premier temps comme une construction municipale au final la construction est donnée au
privé. Il est vrai, qu’au vu des choix municipaux cela change peu. Les parkings sont en Délégation de Service Public et les tarifs ne sont pas harmonisés en raison des « lois du
marché » dixit Levita. C’est à dire que la Mairie ne bénéficie pas des bénéfices et n’a pas de politique de tarifs.
Je n’ai pas voté cette délibération.
La délibération 21 traitait de la création d’une nouvelle Zone d’Aménagement Concerté (ZAC) , la ZAC du Coteau. Elle se situe au sud du quartier Malbosc, entre le parc, l’avenue de Moulins et le
rond-point d’Alco. Il s’agit d’une ZAC de plus, d’un nouveau quartier, alors qu’il faut arrêter l’étalement urbain. C’est aussi une surface boisée, une
surface agricole.
La politique municipale est orientée vers l’étalement urbain avec la multiplication des nouveaux quartiers et l’extension de Montpellier.
Plutôt que continuer l’étalement, il faut revaloriser les quartiers en particulier les quartiers populaires qui en ont bien besoin
J’ai voté contre la création de cette nouvelle ZAC
La délibération 24 donnait l’appréciation de Montpellier sur le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) de la communauté de communes du Pays de l’Or (Mauguio-littoral).
Bien entendu ce débat recoupait les positions des uns et des autres sur la réforme territoriale de Sarkozy. Nous sommes contre, nous sommes pour son abrogation.
L’avis proposé était défavorable, un certain nombre de points importants plaidait pour un vote contre. Pour ne prendre qu’un exemple, cette communauté de communes a 3,8% de logements sociaux et
n’en fait aucune priorité.
Je suis intervenu pour rappeler notre opposition à la réforme territoriale, au fait que le Préfet décide. J’ai développé le besoin de partenariats en matière de transports publics, d’équipements…
J’ai aussi constaté que nous étions devant un blocage politique et que sans attendre les prochaines échéances électorales nous pouvions faire appel à l’avis des populations à travers des
referendums.
La délibération 26 propose un accord à EFFIA qui a la gestion du parking Arc de Triomphe.
Il s’agit d’indemniser EFFIA en raison d’une baisse de fréquentation en décembre 2010. La Mairie reconnaît avoir ouvert un parking de 250 places sur la promenade du Peyrou, elle établit que le
manque à gagner est de 7 000 euros.
Socialiser les pertes, privatiser les bénéfices voilà un bel exemple de la logique de Délégation de Service public
J’ai voté contre
La délibération 52 officialise l’extension de la nouvelle mairie. Même pas occupée et déjà trop petite, la Mairie a acheté des locaux pour une surface de plus de 8 000 m2 (Icade devant la mairie)
Ces locaux sont prévus pour des bureaux, la crèche…
De fait ce sont 8 417 610 euros qu’il faut rajouter au coût global de la nouvelle mairie.
Vœu Palestine ONU
Un vœu pour la reconnaissance de la Palestine à l’ONU était proposé. Après avoir rappelé les diverses résolutions de l’ONU, le vœu se terminait par la demande au gouvernement français de voter
oui au conseil de sécurité.
Il me semblait difficile d’en rester là. Chacun sait qu’il faudra construire des rapports de force de grande ampleur pour avoir la satisfaction de l’ensemble des droits du peuple palestinien.
J’ai proposé au groupe Verts-NPA FASE un amendement en ajout au vœu proposé au vote. Il avait pour but d’engager la mairie de Montpellier au côté des palestiniens. Voici cet amendement :
« Le conseil municipal de Montpellier décide de concrétiser sa solidarité et son soutien à l’ensemble des droits du peuple palestinien, en ce sens il décide un jumelage avec une
ville de Palestine »
Cet amendement a fortement insupporté H. Mandroux qui a décidé de ne pas le soumettre au vote. Son seul argument était qu’il était arrivé trop tard. Cet argument n’en est pas un vu que ce même
conseil a voté un règlement intérieur qui dit qu’un amendement à une délibération ou à un vœu peut être déposé en début de séance, ce qui était le cas. Elle a insisté en disant qu’elle refusait
Gaza, qu’elle était pour le vivre ensemble… Il est évident, comme nous allons continuer à le voir, que nous sommes sur un sujet sensible. Pour rappel, nous avions présenté un amendement sur
Agrexco qui avait aussi été refusé.
Michel Passet a présenté le vœu, vœu qui avait été voté au Conseil général.
Je suis intervenu pour montrer les enjeux de la situation, les limites d’un vote à l’ONU sans construction de rapports de forces, la nécessité pour Montpellier de s’impliquer. Un jumelage permet
des échanges, concrétise la solidarité, rend visible à l’échelle de la ville son implication au côté de la lutte du peuple palestinien… J’ai dénoncé les décisions autoritaires comme le refus de
traiter l’amendement présenté alors que le règlement intérieur le permet. J’ai terminé en proposant à tous les groupes du conseil et aux conseillers en accord avec la démarche de jumelage de
présenter un vœu commun à l’occasion d’un prochain conseil.
Les Verts interviendront pour me soutenir et diront qu’il y a une contradiction entre proposer ce vœu et laisser organiser sur un terrain municipal la journée « Jérusalem capitale éternelle
d’Israêl »
Pour le reste, l’ambiance était des plus froides.
Perla Danan, pour le groupe « société civile », membre de la majorité indiquera que le vœu doit rester celui du Conseil Général (elle aussi refuse l’amendement sur le
jumelage). Elle dira refuser la politisation du conflit, son utilisation. Elle déclare la liberté de vote pour son groupe. Il est vrai que Perla Danan est aussi responsable du CRIF ;
Dufour pour le MODEM nous expliquera que l’acceptation par l’ONU ne suffit pas, que les palestiniens doivent reconnaître Israël comme état juif, que la ville n’est pas le lieu de débattre de
géopolitique internationale, qu’il ne faut pas porter le conflit palestinien dans cette instance. Le groupe MODEM ne participera pas au vote
Lors du vote sur le voeu, le président du groupe socialiste Levita s’abstiendra tout comme P. Dana présidente du groupe « société civile », des conseillers de la majorité s’abstiendront
aussi, tout comme l’UMP, le Modem ne participera pas au vote. Nous sommes loin d’un consensus au sein de la majorité municipale. Nous devons comprendre les abstentions comme des
« contre » toute avancée en direction du soutien aux droits du peuple palestinien.
Au vu de ce que j’ai pu entendre et voir, pour la solidarité avec le peuple palestinien le conseil municipal est loin d’être à l’avant-garde. En résumé, des présidents de groupes de la majorité
municipale 3 n’ont pas voté ce vœu (PS, Modem, Société Civile) et 1 seul l’a voté (PC) .
Pour avancer sur cette question, il faudra un engagement fort des conseillers les plus convaincus en lien avec les associations de solidarité avec la Palestine, avec les mobilisations au côté des
palestiniens.
Prochain conseil le lundi 7 novembre 2011.
Francis Viguié conseiller municipal NPA FASE